Les habitants d’Arnaud Bernard sont toujours « les oubliés »

J’ai assisté lundi soir à la réunion publique organisée par la mairie de Toulouse sur le quartier Arnaud Bernard.

Informée par la presse de la tenue de cette réunion, à laquelle je n’avais pas été invitée, alors que Mme Escudier me demandait récemment de « sortir de ma posture politique et de venir travailler de façon constructive » ! Encore faudrait-il que je sois informée des prochaines réunions, notamment celles organisées avec les services…

Lors de la réunion publique (Photo : IH)

Lors de la réunion publique (Photo : IH)

La salle Castelbou était comble, signe de la forte attente -légitime- de tout un quartier qui fait montre de propositions et qui souhaite que les choses bougent, et très vite.

En réponse, le discours est bien rôdé : la démarche affichée se veut globale, et volontariste.

Mais qu’en est-il réellement ?

Certaines actions que nous avions engagées sont reprises … après deux ans d’arrêt. Il faut cependant le souligner et encourager la démarche.

  • En matière de commerce, le dispositif « Commerce Avenir » a été relancé et deux commerces ont été repris par la ville ;
  • Des projets d’occupation de l’espace public et notamment de la place Arnaud Bernard par des animations culturelles sont prévues ;
  • Les personnes en charge du développement des jardins partagés depuis 2009 vont étudier, avec les habitants , leur déploiement dans le quartier ;

Pour autant on voit bien que l’approche de la municipalité est avant tout et essentiellement sécuritaire.

La sécurité, fer de lance de la nouvelle municipalité, avec le bilan affiché des 12 caméras ne convainc pas : les 22 interpellations depuis janvier et la satisfaction de M. Arsac qui annonce « il y a enfin du bleu » ne font pas disparaître d’un coup de baguette magique les dealers et le sentiment d’insécurité.

Au passage, un mensonge asséné avec aplomb (j’ose penser par méconnaissance des actions passées) : « nous avons pour la 1ère fois fédéré la police municipale, la police nationale et la justice ».

Or la lecture des compte-rendu des commissions des libertés publiques, et de ceux du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) prouvent le contraire.

Il n’est pas dans mon propos de minimiser les difficultés du quartier, qui sont encore loin d’être réglées, mais d’être conforme à la réalité.

Enfin, en termes de méthode, une des erreurs les plus fondamentales réside dans le refus clairement affirmé de travailler sur un projet urbain et d’intégrer Arnaud Bernard dans la réflexion menée par Joan Busquets : en reléguant aux oubliettes cette démarche sur l’espace public, la mairie affaiblit toutes les autres actions entreprises.

Bon nombre d’habitants en sont aussi persuadés : c’est en requalifiant, en transformant l’espace public, en travaillant sur l’extension de la piétonisation, la modification des voies de circulation (en particulier les entrées et sorties du parking), en faisant en sorte de relier le quartier à l’axe cardo-romain et aux boulevards que les usages évolueront.

La démarche entreprise se veut réelle et je la salue, mais elle ne sera pas efficace si l’espace public n’est pas traité comme il se doit. Il est encore temps, mais pour cela, les priorités doivent changer et la concertation s’élargir. Pour que les habitants de ce quartier ne soient plus les « oubliés de Toulouse-centre ».

Isabelle Hardy

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