Billet d'humeur
Le maire sacrifie la culture et le sport
Jeudi dernier, le dernier Conseil Municipal de l’année s’est tenu dans une atmosphère lourde d’incertitude budgétaire et de choix politiques inquiétants. Alors que Toulouse fait face à des défis majeurs en matière de solidarité, de bifurcation écologique et de services publics, les décisions prises laissent un goût amer d’austérité masquée.
Des coupes budgétaires qui frappent au cœur de Toulouse
Jean-Luc Moudenc a annoncé des coupes drastiques ciblées : -40 % pour les associations culturelles et -20 % pour les associations sportives. Ces décisions, remises à plus tard pour une éventuelle révision sans calendrier ni critères précis, menacent directement l’existence de structures essentielles. Certains acteurs locaux, comme le théâtre du Grand Rond, ont déjà tiré la sonnette d’alarme : une fermeture définitive est envisagée en 2026.
Ces coupes, loin d’être anecdotiques, touchent des piliers de la vie d’une ville que sont le sport et la culture, vecteurs d’inclusion, d’éducation et de lien social. À cela s’ajoutent des gels de recrutement et des réorganisations internes non-inscrits dans le budget, rendant ce dernier insincère et déconnecté des réalités locales.
Un urbanisme hasardeux et des décisions controversées
Autre sujet de préoccupation : le projet de construction d’un groupe scolaire sur le site pollué de Fondeyre. Les cas de saturnisme détectés sur ce terrain soulèvent des questions de santé publique graves et il est prématuré d’acquérir un terrain alors que des incertitudes subsistent sur les risques potentiels.
Et on assiste, encore une fois, à la vente de Toulouse « par appartement » et au sacrifice de son patrimoine communal : la Maison des Associations aux Carmes (qui de fait expulse sans solution la LDH !), ou des fonciers stratégiques, tels que les golfs de La Ramée et de Téoula.
Une mesure mérite d’être soulignée : l’adoption du permis de louer, une proposition que nous portons depuis longtemps pour lutter contre les logements insalubres. Après une expérimentation à Arnaud-Bernard, nous demandons une extension rapide à d’autres quartiers.
Une méthode de gouvernance défaillante
Au-delà des décisions elles-mêmes, le faible nombre de Conseils Municipaux (4 par an) pose problème. Une nouvelle fois, un ordre du jour surchargé a empêché des débats approfondis et respectueux.. Pour la 4e ville de France, ce manque de temps et de transparence est indigne et nuit à la qualité des délibérations.
Construire une ville juste, écologique et solidaire
Toulouse ne doit pas tourner le dos à la culture, au sport, à l’écologie et aux solidarités. Ce sont ces politiques qui sont au cœur de ce qui fait une ville vivante, inclusive et tournée vers l’avenir.
Jean-Luc Moudenc, avec une gouvernance qui dissimule l’impact réel de ses choix derrière des contraintes budgétaires fragilise ces éléments fondamentaux.
Toulouse doit aspirer à une politique responsable et ambitieuse, capable de conjuguer égalité, bifurcation écologique et cohésion sociale pour bâtir un avenir désirable pour les
Toulousaines et Toulousains.