Billet d'humeur
Arrêtons de vendre Toulouse par appartement !
Monument historique de la rive gauche de Toulouse, classé « Monument remarquable du XXème siècle » situé sur un lieu historique, la Caserne Vion qui abrite pour quelques mois encore les pompiers du SDIS a été vendue par la municipalité à des promoteurs privés. Certes le patrimoine sera conservé et le projet devrait préserver certains éléments emblématiques… Mais une fois de plus, la municipalité se prive d’une belle opportunité de construire un projet visant à maintenir et renouveler le lien social, à développer l’offre culturelle, dans un quartier dont l’histoire est pourtant marquée par la solidarité.
Cette cession vient s’ajouter à la déjà trop longue liste de vente par appartement de la ville commencée il y a 10 ans : l’hôtel de Lestang, L’espace Croix Baragnon, L’ancien cinéma les Nouveautés, les Halles de la Cartoucherie, la place de l’Europe… autant de lieux emblématiques qui auraient dû faire l’objet de projets portés par la Ville, issus d’une réflexion collective avec les associations, les habitants et les acteurs privés. En parallèle, que d’occasions ratées de se porter acquéreur de lieux stratégiques comme la Grave ou l’ancienne prison St Michel, pour y développer des pôles de services publics en adéquation avec les besoins des quartiers : culture, sport, santé, logements…
Le maire de Toulouse doit cesser de jouer à l’apprenti sorcier en vendant Toulouse à la découpe, dans une logique d’opportunisme, sans vision et sans assumer sa responsabilité d’aménageur du bien public.
Une ville ne doit pas être laissée au seul pilotage des acteurs privés qui, bien sûr, sont indispensables au développement de la cité, mais dans une logique de co-construction dans laquelle la collectivité affirme sa vision et ses orientations. Jean-Luc Moudenc rêve d’une ville privatisée en 2030.
Quelle ville voulons-nous pour demain ? Une ville accessible uniquement aux plus aisés, ou une ville solidaire, ouverte, inclusive, respectueuse de l‘environnement ?