Billet d'humeur :

La richesse culturelle de Toulouse

J’ai eu la chance et le grand plaisir d’assister à un concert à la Halle aux Grains, écrin que j’apprécie tout particulièrement où le génie de Chostakovitch prenait vie sous la baguette experte de Tugan Sokhiev. Un moment de passion et d’émotion, qui a résonné dans les murs de cette salle magique et dans le cœur de chacune et chacun. 

Au-delà du moment présent, c’est la richesse culturelle de Toulouse et son potentiel immense en matière de musique qui m’a traversé l’esprit.

Pendant près de 15 ans, nous avons eu la chance d’avoir à la tête de l’Orchestre du Capitole un chef d’orchestre d’une envergure exceptionnelle. Tugan Sokhiev a su insuffler à notre orchestre une dynamique, une passion et une excellence qui ont rayonné bien au-delà de nos frontières. 

Toulouse, c’est la ville de toutes les musiques, de Claude Nougaro à Big Flo et Oli, de Zebda aux Cats on trees, de Jean-Pierre Mader à Jain…Toulouse est riche de ces acteurs de talent, de l’ensemble Baroque aux Sacqueboutiers, des Eléments à l’Orchestre de Chambre.

Toulouse c’est aussi des festivals comme Rio Loco ou Passe ton Bach d’abord…

Mais quelle place accorde-t-on à la musique dans la politique culturelle de notre ville ?

Toulouse se targue d’avoir été désignée « ville des musiques » par l’UNESCO, un titre honorifique qui souligne notre héritage musical et notre vivacité artistique. Certes, mais nous devons nous montrer à la hauteur de cette reconnaissance, Toulouse peut faire mieux. Faire mieux en démocratisant l’accès à la musique, en la rendant accessible à toutes et tous, sur tout le territoire. J’en suis persuadée : la musique est un bon outil pour transcender les frontières sociales et culturelles, pour réunir les individus

Nous avons des formations d’excellence avec le Conservatoire à rayonnement Régional et des acteurs comme Samba Resille qui participent activement à l’apprentissage musical. Mais force est de constater que l’accès à la musique n’est pas une réalité pour tous. Il doit le devenir. Il faut donc engager une démocratisation de la pratique musicale, en mettant en place des programmes d’éducation artistique ambitieux dès le plus jeune âge, en favorisant l’accès aux instruments et en soutenant les structures dédiées à l’apprentissage musical, comme les fédérations d’éducation populaire présentes dans de nombreux quartiers.

Il est aussi nécessaire de redonner au Métronum son caractère de création musicale avec l’accueil de jeunes artistes ainsi qu’un programme de soutien à des petites salles pour le lancement de jeunes talents. Mais au-delà de ces mesures, il est temps de concrétiser les promesses non tenues, comme celle de la création d’un auditorium digne de ce nom pour accueillir l’Orchestre du Capitole. Dix ans après cette promesse de campagne, et malgré les occasions manquées (dont celle de la prison Saint-Michel) il est plus que jamais nécessaire de réfléchir à un projet ambitieux, en concertation avec l’ensemble des acteurs culturels de la ville.

Il est temps de réveiller l’harmonie culturelle de Toulouse, de faire résonner sa symphonie dans chaque quartier, dans chaque cœur. Il est temps de faire de la musique le ciment de notre vivre-ensemble, de notre identité collective, de notre rayonnement international.