Crise du logement : Toulouse et sa métropole ne sont pas épargnées.

Constatant une chute sans précédent de la production de logements neufs au sein de la métropole Toulousaine, les acteurs de l’immobilier tirent depuis plusieurs mois la sonnette d’alarme. Particulièrement touché, le logement social subit une crise de l’offre sans précédent tandis que 42 000 demandeurs de logements sont en attente d’une attribution à l’échelle métropolitaine. 

Ainsi, la demande est en hausse de 70% par rapport à celle constatée il y a 10 ans. Seulement 22 000 nouveaux logements ont été livrés dans le parc HLM depuis 2014. Si la hausse des coûts de construction ou encore le taux du livret A sur lequel sont indexés les emprunts des bailleurs HLM concourent à renforcer la crise qu’ils traversent, l’absence de volontarisme politique du gouvernement à soutenir la construction et endiguer cette crise est pointée du doigt.

L’idée récemment annoncée par le Premier ministre d’intégrer les logements intermédiaires dans les quotas SRU des communes n’est qu’un prétexte pour masquer le manque de construction de logements sociaux à l’échelle nationale. Cette mesure aura pour effet de doper artificiellement le bilan des communes qui ne respectent pas l’exigence de 25% de logements sociaux dans leur parc immobilier, alors même que le logement intermédiaire, dont le niveau de loyer est plus élevé que celui pratiqué habituellement dans le monde HLM, n’est éligible qu’à moins de 5% des demandeurs d’un logement social en France. Cette attaque sans précédent de la loi SRU n’est pas acceptable et n’augure rien de bon pour les ambitions de l’Etat en faveur du logement social.

Toulouse et sa métropole ne font pas exception.

Jean-Luc Moudenc a récemment annoncé un plan de soutien de 32 millions d’euros. Dont acte, près de 10 ans après son élection, le maire de Toulouse semble découvrir que notre territoire n’est pas épargné par l’effondrement de la construction de logements sociaux.

La ville de Toulouse et la métropole ne peuvent réduire leur action au soutien d’une minorité de programmes immobiliers. 

Rétablir un budget offensif dédié au logement social et à l’hébergement des plus démunis, renforcer la maîtrise foncière pour orienter la typologie des logements à produire, accueillir les familles qui ne peuvent aisément se loger dans la métropole, développer une politique volontariste en faveur de la rénovation thermique des logements et promouvoir l’encadrement des loyers sont autant de mesures à mettre en œuvre pour soulager une partie des tensions qui pèsent sur la production de logements. Pour augmenter la mixité sociale, il est également important de restaurer 30% de logements en accession sociale à la propriété dans les programmes des ZAC pour ne pas condamner les futurs propriétaires à s’exiler à plusieurs dizaines de kilomètres des villes dans lesquelles ils travaillent.

Ainsi, les dernières tendances sont inquiétantes : Toulouse, 4ème ville de France qui compte 5700 habitants supplémentaires entre 2020 et 2021, connait dans le même temps une baisse du solde naturel de sa population et de sa natalité. Une des causes est l’intensification des départs des familles vers la périphérie, notamment en raison de l’offre limitée de grands logements à Toulouse, de l’augmentation des prix des loyers et des prix de vente qui augmentent 5 fois plus vite que les revenus des ménages*. Parallèlement, force est de constater que la gestion de l’hébergement d’urgence à Toulouse est loin d’être à la hauteur. Nous dénonçons depuis des années l’absence de prise de responsabilités de Jean-Luc Moudenc face aux enfants qui dorment à la rue, préférant saisir l’autorité judiciaire pour réclamer des expulsions plutôt qu’organiser l’hébergement, en réquisitionnant par exemple des bâtiments municipaux.

Face à cette crise qui frappe notre pays, les maires et les communes sont en première ligne. Si l’Etat ne joue pas son rôle d’amortisseur social, la ville de Toulouse est également trop peu présente dans ce combat qui éloignent les ménages fragiles d’un habitat auquel ils ont droit. Il est temps que cela change !