Face au “choc des savoirs”, localement repensons à l’école de la République.

Notre école ne cesse de dépérir. Il est urgent et nécessaire de trouver de véritables réponses pour la sauver.

Or, que nous propose le gouvernement ? L’autorité et le « Choc des Savoirs ». A tel point qu’on en arrive à se demander si le plan du Gouvernement émane de l’Éducation nationale et de sa ministre Mme Belloubet ou s’il s’agit d’un plan sécurité proposé par M. Darmanin.

Cette vision de l’éducation n’est pas la nôtre. Renouer avec la jeunesse ne passe pas par un discours sur le thème de l’autorité. 

Vouloir condamner les parents pour les erreurs de leurs enfants, cette logique portée longtemps par l’extrême droite, est intolérable. Les annonces réactionnaires de Gabriel Attal sont contraires à la justice des mineurs, notamment à l’ordonnance de février 1945, car le droit des mineurs repose sur la primauté de l’éducatif sur le répressif. Répression, sanctions, toujours les mêmes termes pour des maux qui ne guérissent pas ainsi, nous ne le savons que trop.

Nous devons changer de paradigmes : avant la question des sanctions, nous devons réfléchir à la prévention par le soutien à la parentalité ; donnons plus de moyens aux éducateurs notamment, mais aussi aux mesures d’assistance éducative en milieu ouvert. On ne réglera rien avec des mises en internat forcées, des amendes ou des heures de travaux généraux.

Au-delà de l’autorité, j’ai une divergence fondamentale sur notre vision du service public et la volonté d’une école pour tous. Le choix de l’élitisme et des cloisonnements renforce la reproduction sociale et ne correspond pas à notre conception de l’égalité et de la République.

L’éducation est un pilier de la République, l’école est le lieu où sont formés les citoyen.ne.s de demain. L’école de la République est le lieu du vivre et du faire ensemble, le but n’est pas seulement d’y enseigner ou de former, c’est aussi accompagner, permettre de sortir de l’obscurantisme, créer du lien. L’idée de l’école créatrice de liens entre les humains, c’est bien entendu les liens entre élèves mais aussi les liens entre parents.

Certes, l’école relève de la responsabilité de l’Education Nationale, et donc de l’Etat. Ceci ne doit pas nous empêcher de nous engager dans le domaine de la co-éducation sur les temps périscolaires. Ces temps doivent être considérés comme de véritables temps éducatifs. Nous devons aussi relancer l’éducation populaire, les instances de dialogue locales, créer un vrai service public de la médiation. Nous devons contribuer à rétablir la confiance dans notre système éducatif.

Nous pouvons aussi imaginer une autre école, repenser l’école dans la ville, faire de Toulouse la ville de l’enfance heureuse. Répéter à l’envie qu’on n’a jamais fait autant pour l’école comme le fait le maire de Toulouse mérite d’être plus sérieux sur l’évaluation de ce qui a été réalisé ces 10 dernières années. Tous les enfants de Toulouse sont loin de bénéficier des mêmes conditions d’accueil dans les cours de récréation, dans les salles de cours, dans les toilettes. De nombreux bâtiments sont encore des passoires thermiques, rendant la situation invivable, en hiver comme en été. Mais parlons aussi des moyens humains et de l’encadrement qui sont en baisse dans une période où il faut plus de vigilance et d’écoute. Repenser l’école, cela passe aussi par l’idée de la vie des enfants au cœur du quartier.

Toulouse doit se doter d’un projet éducatif ambitieux, qui passe par l’éducation à la transition écologique à la citoyenneté, à l’engagement. Une éducation co-construite, plus juste, plus solidaire, plus inclusive et émancipatrice.