Pour un RER métropolitain !
Les mobilités dans l’agglomération toulousaine sont un enjeu stratégique, en particulier pour les populations les plus dépendantes : à la question du prix de l’énergie s’ajoute celle de la pollution, avec notamment la nécessité d’accompagner le déploiement des Zones à Faibles Emissions (ZFE).
Dans l’agglomération toulousaine, 75% des habitants en dehors de l’hypercentre sont aujourd’hui obligés d’utiliser leur voiture car ils ne disposent pas d’un transport en commun adapté et efficace. Ce chiffre tombe à 32% pour l’hypercentre, plus dense et déjà bien loti par le réseau Tisséo.
Toulouse, ville de bouchons.
Pour désengorger la ville et l’agglomération, améliorer la qualité de l’air et baisser nos émissions de gaz à effet de serre, il est urgent de construire des solutions de déplacements alternatives à la voiture. La troisième ligne de métro, qui ne sera mise en service au mieux qu’en 2030, n’apportera qu’une réponse partielle, essentiellement au bénéfice des Toulousains, mais ne répond pas à l’urgence, surtout pour tous les habitants de notre agglomération hors Toulouse.
Qu’est-ce qu’un RER métropolitain ?
Le RER est une offre de transport pour les première, deuxième et troisième couronne. Ce nouveau réseau, pensé en complémentarité avec le réseau existant (bus, métro et tramway) permettra de réduire le nombre de véhicules venant de la périphérie. Nous avons la chance d’avoir déjà dans l’agglomération une étoile ferroviaire à 5 branches autour de laquelle nous pouvons construire un projet cohérent. C’est un projet que je soutiens depuis 2019, et pour lequel l’association « Rallumons l’étoile » travaille depuis des années avec de multiples hypothèses.
Le chef de l’État, en novembre 2022, a annoncé la création de 10 RER métropolitains (Services express métropolitains – SERM) avec une promesse financière d’un milliard d’euros par projet. Si au vu des annonces de l’État et des contraintes budgétaires, la promesse risque d’être revue à la baisse, cela ne doit pas empêcher les parties prenantes de construire un projet.
Ce qui est fait aujourd’hui, ou en cours de réalisation, ne répond qu’à une partie des problèmes que nous rencontrons. Ce projet de RER n’est pas un complément ou une réponse parmi tant d’autres c’est « Le » projet de la prochaine décennie. Les collectivités territoriales doivent en prendre conscience et être au rendez-vous de ce défi qui pèse sur la qualité de vie de nos habitants et sur la bifurcation écologique qu’il est urgent d’amorcer.
Jean-Luc Moudenc a pendant longtemps dénigré ce projet et même annoncé qu’il n’y mettrait pas un centime d’argent public… Pour autant, il a changé de posture en répondant à l’invitation de la Région Occitanie pour porter une candidature de SERM, aux côtés du Conseil Départemental de la Haute-Garonne qui également annoncé vouloir participer aux investissements nécessaires.
Une décision quant aux financements doit être prise par l’Etat en juin. Il est donc urgent de bâtir un projet cohérent et ambitieux, phasé dans le temps. Je souhaite que Tisséo et la Métropole s’y investissent pleinement, en concertation avec les élus de l’opposition, les habitants …. Il en va de l’avenir de Toulouse et de son agglomération.