Projet de loi de finances 2025 : un coup de massue pour les collectivités et nos services publics
Depuis 2017, le Gouvernement poursuit une politique de l’offre qui consiste à diminuer les cotisations sociales pour créer des emplois et relancer la consommation. Cette stratégie n’a pas tenu ses promesses : la dette nationale a explosé de plus de 1.000 milliards d’euros en sept ans, et le déficit public atteint aujourd’hui 6,1 % du PIB.
Le projet de loi de finances 2025 marque une étape supplémentaire dans la rigueur et l’austérité. Moins de services publics, diminution du pouvoir d’achat, remise en cause de la faible politique écologique existante…Mais ce n’est pas tout, c’est aussi une attaque injuste contre les collectivités et les services publics locaux, avec des conséquences qui vont impacter profondément notre vie quotidienne.
Pour « maîtriser » ce déficit, le PLF 2025 frappe directement les collectivités territoriales, leur imposant des coupes budgétaires qui s’élèveront à 5 milliards d’euros. Mais ces collectivités, dans l’obligation de présenter des budgets équilibrés chaque année, ne sont pas responsables de la dérive des finances publiques. Ce sont elles qui pourtant payent le prix fort, tandis que leurs ressources essentielles sont amputées, menaçant leur capacité à assurer les services publics fondamentaux.
Les conséquences de ces coupes seront lourdes : moins de moyens pour les écoles, une aide sociale amputée, des innovations écologiques freinées, un ralentissement des logements sociaux, une vie citoyenne et associative (avec entre autres la culture et le sport) réduite. Pour Toulouse Métropole, cette réforme signifiera une perte de près de 45 millions d’euros en 2025. Pour le Département de la Haute-Garonne, privé de toute autonomie fiscale depuis 2019, la perte s’élève à près de 160 millions d’euros, alors même que la croissance démographique est importante sur ces territoires.
Et ce n’est pas tout. Le Gouvernement réduit également la compensation de la TVA et diminue les crédits du Fonds Vert, sapant les capacités d’investissement des collectivités et fragilisant certains projets essentiels liés à la transition écologique et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cette paralysie des investissements, quand 70 % de l’investissement public est issu des communes, départements et régions, impacte directement l’économie locale et freine l’innovation environnementale.
Mais d’autres choix existent. Lors des débats à l’Assemblée Nationale, les amendements déposés par le Nouveau Front Populaire ont ouvert la voie à un autre PLF, axé sur une contribution équitable de chacun selon ses moyens. Ces propositions permettent de consolider les finances publiques tout en préservant les investissements.
Quelques exemples de recettes :
– Faire contribuer les grandes entreprises : renforcer la taxation des multinationales pour accroître les ressources des collectivités.
– Faire contribuer les grosses fortunes avec un retour de l’ISF.
Recettes qui permettront entre autres :
– D’assurer un maintien des budgets des collectivités pour préserver la justice sociale de proximité indispensable dans cette période de crise.
– D’augmenter les crédits dédiés à la transition écologique pour garantir aux collectivités les moyens d’engager des projets de réduction des gaz à effet de serre.
– De réévaluer de la TVA compensatoire : assurer un remboursement complet aux collectivités pour préserver leur capacité d’investissement dans les services publics.
Le projet de loi de finances 2025 pourrait (et devrait !) être un levier de progrès et de justice sociale, en orientant nos finances publiques vers un avenir désirable et plus durable…