Rue Alsace Lorraine : un marquage incitatif pour les vélos, une fausse bonne idée ?

Depuis quelques semaines, la Mairie de Toulouse a mis en place un marquage au sol à titre expérimental destiné à inciter les vélos à y circuler. Cette démarche est issue des propositions de toulousaines et toulousains dans le cadre du dispositif participatif « mes idées pour mon quartier » et a pour objectif de participer à une meilleure cohabitation entre les piétons et les vélos.

Or, si en effet il faut améliorer le partage des espaces, mettre en place un axe spécifique pour les vélos sur une rue piétonne, où tous les usagers doivent circuler en dessous de 6 km/heure, où les piétons restent prioritaires, n’est à mon sens pas lisible ni compréhensible, voire même dangereux.

Rappelez-vous…il y a 15 ans 900 bus et 15000 voitures empruntait le 1er axe commercial de la ville. Après des mois de concertation et de co-construction avec les professionnels, commerçants, habitants, associations, la nouvelle rue Alsace, entièrement piétonne était née.

Alors adjointe en charge du commerce et de l’artisanat et de la démocratie locale du secteur centre je m’étais beaucoup interrogée sur la cohabitation de tous les usages. Force est de constater que si la réussite de cet axe piéton fait l’unanimité, il n’en demeure pas moins des conflits d’usage entre piétons et vélos.

Une des solutions réside à mon sens dans la mise en place de campagnes de médiation régulières, afin d’informer les usagers sur le statut de la rue. La Mairie a lancé le code de la rue qui a pour but d’informer sur les règles de conduite à adopter pour le partage de l’espace public entre piétons, vélos et voitures : cela aurait pu être le bon moment pour effectuer un travail spécifique.

Enfin, l’urgence est de développer des réseaux pour les vélos, alternatifs à la rue Alsace qui leur permette d’atteindre plus rapidement leur destination.

Une « autoroute pour les vélos » au milieu d’une voie piétonne n’est pas forcément la bonne idée pour apaiser les usages de cette rue.