Service Express Régional Métropolitain (SERM) : pour une alternative efficace à la voiture
Lors du Conseil de Métropole du 12 décembre dernier nous avons voté une convention de financement visant notamment à définir un schéma d’ensemble des éléments constitutifs du SERM.
Les potentialités de l’étoile ferroviaire toulousaine ne sont plus à démontrer. La première étude menée par la Région en a été l’illustration éclatante : le réseau structurant des transports du quotidien peut se transformer de façon décisive sur tout le territoire et au bénéfice detous les habitants de la métropole, avec le projet du SERM.
Nous avons donc voté pour la réalisation de cette étude qui marque l’engagement de l’Etat et l’alignement, « en théorie » de toutes les parties prenantes pour la construction d’un projet approfondi et complet sur le sujet.
Mais on le sait, une étude a beau être complète, son impact dépendra de ce que l’on veut en faire. Or, depuis le début, le Maire/président de Toulouse Métropole tient un double discours et nous ne sommes toujours pas convaincus de sa réelle motivation, bien au contraire.
La meilleure façon de couler le SERM est de l’inclure dans un grand projet à plus 4 milliards d’euros. C’est précisément la stratégie de Jean-Luc Moudenc qui a dès le début dénoncé un projet à plusieurs milliards et n’a eu de cesse de demander une extension du périmètre des études avec pour unique objectif d’accroître encore un coût repoussoir.
Et pourtant, si une étude globale permettant de définir une cible complète est indispensable, le SERM a une particularité que la 3ème ligne de métro n’a pas : il concerne la totalité de l’étoile ferroviaire, la totalité de la métropole, et une fois le cadre final dessiné, il se démultiplie en une multitude de projets intermédiaires, qui chacun contribue à l’objectif final, mais surtout apporte immédiatement des avancées notables à l’ensemble du réseau structurant.
Nous avons une divergence de vision : pour Jean-Luc Moudenc et son équipe, le SERM se structure autour de la future ligne C du métro. Alors que nous considérons que la colonne vertébrale du SERM est l’étoile ferroviaire, c’est d’abord un projet ferroviaire que vient irriguer les autres modes de transports (métro, tram, bus, vélo,…).
Là où la métropole a déjà abandonné le SERM en le qualifiant de projet pharaonique et en faisant tout pour qu’il le soit, nous proposons une autre méthode.
Les études doivent avoir deux objectifs :
– Définir le réseau optimum final avec toutes les dimensions du projet (investissements ferroviaires clefs, gares d’échange, aménagement urbain, développement multimodaux, …)
– Définir en parallèle des scénarios de mise en œuvre progressifs et immédiats.
Il s’agit donc plutôt de définir comment par étapes on chemine vers l’objectif avec des progrès immédiats et un échelonnement des investissements en fonction des moyens disponibles.
D’autres métropoles comme Bordeaux ou Strasbourg ont déjà compris cela, en posant les premières bases de leur SERM et en créant les conditions des premières étapes sans attendre.
La première étape du SERM est d’ailleurs de créer un centre opérationnel de l’offre partagé entre la Région, Tisseo et le Département et de soumettre tous les développements à venir à une vision partagée et conforme à un objectif optimisé commun.
Ces études doivent donc déboucher sur des scénarios opérationnels, par étapes accessibles et échelonnées dans le temps. Mais pour cela il faut accepter d’entrer dans le système SERM pour obtenir des progrès permanents et rapides grâce à des investissements successifs et maîtrisés dans l’étoile ferroviaire.
Si on n’enclenche pas dès à présent un processus opérationnel par étape, nous l’avons déjà dit, il ne se passera rien avant 2030…et les premiers éléments issus de la présentation du projet « Demain mobilités » ne nous rassurent pas…le RER en est absent. Pourtant, à la fois l’étude européenne Tom Tom et l’étude de l’AUAT sur le suivi de la congestion routière entre Toulouse et les 527 communes de son aire urbaine sont alarmantes et soulignent encore une fois l’urgence de trouver des alternatives à la voiture.
Nous avons donc demandé que la phase de préfiguration étudie en priorité un premier « choc d’offres » pour une mise en œuvre sur la période 2026/2029…
A suivre…